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Version #01 :: Ambrelune, la Cité Souterraine


 

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 S'échapper des loups [ Réservé à Perlaë]

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Rosario

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MessageSujet: S'échapper des loups [ Réservé à Perlaë]   Dim 10 Fév - 22:54

Rosario, comme à son habitude, errait dans le grand Palais Infernal. Sa diabolique maîtresse était en grande discussion avec Belzébuth, le plus grand des démons. En sa présence, le jeune esclave se sentait très inférieur et même s'il était maintenant habitué à cette horrible sensation dû à son rang, il n'avait jamais aimé être près du Grand Démon. Alors comme à chaque fois qu'il n'était pas avec Azazel, Rosario se laissait aller à sesactivités favorites : flâner et apprendre. C'est pourquoi il marchait lentement dans les couloirs du Palais en direction de la bibliothèque. Il recontrait quelques fois quelques serviteurs ou démons en tout genre, mais il n'y faisait pas attention. Il savait bien qu'il était protégé par son appartenance à la Dame des Péchés et que personne n'oserait lui faire le moindre mal.

Après quelques minutes de zizagues et de rebroussements de chemins, le jeune homme arriva finalement à cette grande salle de connaissance qu'était la bibliothèque. Rosario avait bien quelques livres dans sa petite chambre, adjacente à celle d'Azazel, mais rien ne valait la grandeur et le calme de cette salle. Elle lui rappellait quelques souvenirs parfois, de cette vie à la surface qu'il avait finit par oublié, presque en totalité. Il alla s'asseoir à une table, prit plusieurs chandeliers et les alluma pour avoir une certaine source de lumière : il n'était jamais bon, dans ce Palais, d'être toujours envelopper de noir. Il alla ensuite vers une étagère, au hasard, qui s'arrêtait au plafond. Il admira les reliures des livres devant lui, soupoudré de poussière. Il en prit quelques uns, sans vraiment savoir leur contenu. Rosario reprit sa place et commenca sa lecture, s'enfermant dans un monde que lui seul pouvait accéder.

Quelques heures plus tard....

Rosario leva finalement la tête de l'ouvrage qu'il lisait depuis au moins deux bonnes heures. Il avait un peu mal aux yeux et les chandelles avaient considérablement diminuées de taille. Le jeune esclave alla replacer le bouqin à sa place d'origine et revint à sa petite table pour commencer la lecture d'un deuxième. Il pensa a aller voir sa maîtresse, mais il se dit que, si elle le cherchait, quelqu'un serait venu l'avertir. Il décida néanmoins de prendre quelques minutes de pause et alla se dégourdir les jambes en allant à l'exploration de la bibliothèque. Cette dernière était immense, il fallait le dire et Rosario se demanda sur quels sujets morbides et diaboliques pouvait traiter tous ses ouvrages. Il s'arrêta devant une peinture, représentant une scène de torture entre un humain et un démon. Rosario en eut des frissons. Il savait qu'Azazel, la belle Dame des Péchés, était réputé pour sa dépendance à la torture ainsi que son excellence dans ce domaine. Ce pourquoi il avait toujours jouer prudemment et continuait d'obéir au doigt et à l'oeil de sa dangereuse maîtresse.

Rosario continua sa petite marche autour de la grande biblioth`que du Palais et s'arrêta cette fois-ci devant une grande fenêtre qui, comme les étagères, touchait le plafond. La vue était grandiose. On voyait la ville d'Esod, plongé dans la pénombre inquiètante de la nuit. Déjà que, durant le jour, rien n'était vraiment éclairé, la nuit apportait son lot de peurs et de plaisirs. Un petit bruit arracha le jeune esclave à sa contemplation. Le coeur battant, il se retourna et scruta la propre pénombre de la pièce. La seule source de lumière était les chandeliers sur sa table et la lumière du corridor qui filtrait par la porte entrouverte. Il tendit l'oreille, mais tout était redevenu calme et silencieux. Il fit néanmoins quelques pas et dit, d'une voix qu'il s'efforcait à rendre calme :

« Il y a quelqu'un ? »
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Perlaë

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MessageSujet: Re: S'échapper des loups [ Réservé à Perlaë]   Jeu 14 Fév - 20:05

- Pars donc. Je te laisse disposer de ta liberté. A quoi me sert d’enchaîner un oiseau alors que les barreaux de sa cage ne le laisseront pas s’échapper plus loin ? Non, tu peux t’en aller si tu le désires.

Les paroles du démon résonnaient encore dans la tête de la jeune femme ce soir là, alors qu'elle s'avançait lentement parmis les innombrables dédales de couloirs du palais. Il voulait qu'elle parte ? Et bien, en bonne esclave obéissante qu'elle était, Perlaë allait suivre l'ordre de son "maître" au mot près. A quoi bon rester dans son sillage, marchant dans son ombre en attendant qu'il l'appelle, tel un un maître sifflerait son chien ? Hors de question. C'est pour ça qu'à présent elle errait dans un long corridor, à la recherche d'un quelconque endroit désert où elle pourrait trouver la paix. Car si les habitants du château n'osaient la toucher, de peur de s'attirer les foudres de Zarahod, certains ne prenaient pas la peine de cacher leurs regards envieux et désireux.
Et Perlaë commençait à ne plus supporter le fait d'être regardée comme un chat regarderait un moineau particulièrement appétissant.

Tout à coup, alors que la silhouette tremblante de la jeune esclave se dessinait sur les murs de pierre à la lueur vacillante des chandelles, celle-ci s'arrêta net, attirée par une faible lumière s'échappant d'une grande porte de bois laqué. Intriguée, elle s'en approcha à pas feutrés, un air curieux, mais tendu sur son beau visage d'albâtre. Quels mystères dissimulaient cet immense panneau sombre ? Le coeur battant d'une inquiétude mêlée d'excitation, elle poussa lentement la porte, qui pivota aussitôt sur ses gonds, sans même qu'elle n'eut à faire grand effort, malgré la taille du panneau de bois. Pas un grincement ne s'en échappa. Ce qui lui arracha un frisson. Comme si la porte était animée d'une vie propre...
Un rire nerveux et silencieux s'échappa de la gorge délicate de l'esclave aux boucles brunes. A croire que l'ambiance qui régnait sur les lieux avaient réussi à la perturber au point qu'elle se mit à imaginer de telles choses. Ridicule.
Reprenant son souffle, elle prit son courage à demain, et entra doucement dans la pièce plongée dans la pénombre, à peine éclairée par la lueur tremblante qui s'échappait des flammes vacillantes des bougie d'un chandelier d'argent, à deux doigts de rendre l'âme. Cependant, cela suffisait à illuminer - faiblement, certes - les immenses rayonnages qui tapissaient les gigantesques murs de la pièce. Subjuguée, elle manqua de défaillir devant tant de grandeur et de luxe. Une bibliothèque... Une bibliothèque splendide, imposante, et emplie de livres aux reliures de cuir qui ne demandaient qu'à l'illuminer de leur savoir ancestral.
Elle avait enfin trouvé un endroit où passer ses journées.

Ravie, la jeune femme se saisit du chandelier posé sur une table d'acajou, avant de s'avancer lentement vers l'étagère la plus proche. Approchant la source de lumière des rayonnages, elle tenta de déchiffrer les titres en lettres d'or à moitié rongées qui s'étalaient sur les ouvrages, plissant ses beaux yeux d'azur pour mieux se concentrer. Quelques intitulés lui semblaient familier, et pour cause, elle avait jadis eu l'occasion de les contempler et de s'y plonger lors de sa vie sur Terre. Les démons apprécieraient-ils la poésie humaine ? A en juger par les noms d'auteurs qu'elle décryptait difficilement, tels que Rimbaud, Baudelaire, ou encore Hugo, oui. D'une main tremblante à la blancheur lactée, l'esclave se saisit du deuxième ouvrage de la rangée se situant sous ses yeux pour ensuite retourner s'assoir à l'endroit où elle avait trouvé le candélabre.
Tournant lentement les pages du livre qu'elle tenait entre ses doigts délicats, ses yeux bleus se plongeaient petit à petit dans le monde sombre et obscur qu'était celui des Fleurs du Mal.

" Comme les anges à l'oeil fauve,
Je reviendrai dans ton alcôve
Et vers toi glisserai sans bruit
Avec les ombres de la nuit,

Et je te donnerai, ma brune,
Des baisers froids comme la lune
Et des caresses de serpent
Autour..."


- Il y a quelqu'un ?

Un sursaut s'empara de la jeune esclave, qui laissa tomber l'ouvrage à terre. Le coeur serré par l'angoisse, elle se releva vivement, serrant l'ustensile d'argent entre ses doigts, tentant de percer la pénombre des lieux. Elle n'était donc pas seule. Quelle idiote ! Il était évident que les bougies ne s'étaient pas allumées seules. Elle qui pensait que le précédent occupant était parti. Grossière erreur. Et même si la voix semblait légèrement angoissée, elle ne préférait ne pas commettre d'imprudence. Ne se fier à personne. Et surtout pas ici. S'avançant à pas prudents, sur ses gardes, prête à bondir en arrière à la moindre alerte, elle tenta vainement d'entrevoir quelque chose au travers de l'obscurité de la bibliothèque.
Et ce ne fut que lorsqu'elle cru distinguer une silhouette dans l'ombre que Perlaë laissa échapper dans un souffle, d'une voix tremblante qu'elle tentait de faire paraître assurée.

- Qui êtes-vous ?
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MessageSujet: Re: S'échapper des loups [ Réservé à Perlaë]   Ven 15 Fév - 0:28

Rosario avanca de quelques pas vers l'aire ouverte de la bibliothèque, occupée par des tables et des chaises plus que comfortables : l'endroit où il était, quelques minutes plus tôt. Personne ne lui avait répondu jusqu'à maintenant, mais il n'était pas seul, cela, il en était maintenant plus que certain. Et pour cause puisque de son perchoir, il voyait une fine silhouette, sûrement une femme, qui regardait autour d'elle, effrayée, sûrement par les paroles qu'il avait prononcée. Le chandelier qu'elle tenait dans sa main éclairait quelque peu son doux visage de jeune femme. Elle avait de belles boucles brunes qui touchaient ses épaules et ses traits, de ce que le jeune esclave pouvait voir de l'endroit où il était, étaient fins et gracieux, comme le voulait la nature.

- Qui êtes-vous ?

Ah! Elle lui répondait enfin. Par le ton mélodieux de sa voix, Rosario misa que cette belle étrangère avait un certain don pour le chant. Et aussi, elle n'avait pas l'air d'une démone... aucun démon n'était effrayé. C'est donc un peu plus rassuré, mais pas complètement (quel être humain l'était dans cette ville?) que le jeune homme aux traits androgynes s'approcha de Perlaë. Quand il arriva dans le petit cercle de lumière que dispensait l'ustensile d'argent que tenait l'autre humaine, il put enfin dire que la jeune femme qui se tenait en face de lui était belle. Ses yeux avait la couleur de l'eau la plus pure et ses lèvres, de véritable roses rouges. Sublime, voilà le mot qui lui venait à l'esprit en cet instant. De sa voix douce et posé, Rosario tenta de rassuré l'esclave :

- Exscusez-moi de vous avoir effrayer, mademoiselle. Nous ne sommes jamais tout à fait en sécurité dans cette ville et il faut dire qu'il y a beaucoup plus de démon que d'humain... je croyais être seul et je penses que vous avez cru la même chose, n'est-ce pas?

Un fin sourire vint étiré les lèvres pâle du jeune homme. Ses longs cheveux rouge semblaient prendre vie à la lueur blafarde du chandelier d'argent. Rosario baisa ses yeux d'or et vit l'ouvrage de poésie qu'avait laisser tomber Perlaë. Du Baudelaire. Le jeune homme sourit. Il aimait beaucoup la poésie et s'amusait souvent, plus qu'autrefois qu'aujourd'hui, à démystifier le sens des poèmes qu'il lisait­. Il se pencha pour prendre le livre usé par les ans, caché ici dans l'oubli et la poussière, et l'ouvrit au hasard. Il en lu quelques lignes et le referma.

- Vous avez bon goût, demoiselle. J'aime beaucoup les anciens poètes, dont Beaudelaire. Au fait, je me nomme Rosario et vous?

Le jeune esclave androgyne fit une courte révérence, polie et brève, comme le lui avait enseigné son père, jadis. Il s'en souvenait toujours, même après tout ce temps passé ici, dans Esod. A croire que les bonnes manières marquent les esprits pour toujours.
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MessageSujet: Re: S'échapper des loups [ Réservé à Perlaë]   Mer 20 Fév - 22:22

Un imperceptible froncement de sourcils troubla quelques instants le doux visage de la jeune femme, qui recula légèrement, fixant l’étranger qui se tenait devant elle de ses grands yeux bleus. A ce moment précis, elle n’aurait su dire si il s’agissait d’un homme ou d’une femme. Sa figure était encore dissimulée par la pénombre qui emplissait la pièce, et si elle n’avait dû se fier qu’aux longs cheveux flamboyants qu’elle apercevait, elle aurait sûrement penché pour une personne de sexe féminin. Cependant, la voix qu’elle avait entendue lui faisait plutôt penser à un homme. Et son intuition se révéla confirmée quand ce dernier s’avança vers elle, pénétrant dans le halo de lumière produit par le chandelier qu’elle tenait dans sa main délicate et tremblante. Retenant sa respiration, l’esclave se mordit légèrement la lèvre, tout en dévisageant son interlocuteur, essayant d’y lire quelconque information sur ses intentions, tout en tentant de contenir ses émotions et de ne pas laisser voir l’appréhension qui l’animait. Si il tentait le moindre mouvement…

- Excusez-moi de vous avoir effrayée, mademoiselle. Nous ne sommes jamais tout à fait en sécurité dans cette ville et il faut dire qu'il y a beaucoup plus de démon que d'humain... je croyais être seul et je pense que vous avez cru la même chose, n'est-ce pas?

Oh. Le moins que l’on pouvait dire, c’est qu’elle était surprise. Et l’expression de stupeur qui pouvait se voir à présent sur ses traits fins ne faisait que confirmer ce que venait de dire le jeune homme. Elle n’était donc pas seule ? Il n’était pas un démon ? Il ne lui voulait pas de mal ?
Un timide sourire, bref, certes, mais un sourire tout de même vint éclairer le visage de Perlaë, qui, doucement, hocha la tête d’un signe affirmatif. Qui était donc cet inconnu ? Même si elle se montrait moins méfiante et craintive à son égard – car il ne semblait pas animé de mauvaises intentions -, elle n’avait toujours pas baissé la garde. Qui sait, peut-être se montrait-il aimable afin de gagner sa confiance, pour mieux s’emparer d’elle par la suite ? Peut-être mentait-il en affirmant qu’il était humain, comme elle ? Après tout, ses yeux dorés, semblables à ceux d’un félin – et ma foi, fort troublants – et ses cheveux couleur de sang n’étaient pas ce que l’on pouvait qualifier de communs dans le monde des mortels.

Prudente, elle s’écarta quelques peu lorsqu’il se pencha pour ramasser le livre écorné qu’elle avait laissé tomber peu auparavant, et resta muette pendant sa lecture, l’observant attentivement, immobile telle une statue de marbre. Aimait-il lui aussi la poésie ? Toutes sortes de questions se bousculaient dans l’esprit de la belle esclave, qui se vit tirée de sa rêverie par la voix du garçon.

- Rosario…

Elle répéta ce nom dans un souffle, plongeant ses yeux d’océan dans le lac ambré des pupilles de ce dernier. Et un nouveau sourire, un peu plus poussé que le précédent, étira à nouveau ses lèvres rosées lorsqu’elle le vit s’incliner. Au moins il n’ignorait pas la politesse ni les bonnes manières. Doucement, la jeune femme posa le chandelier d’argent sur une des tables de bois, avant d’y laisser une main, s’appuyant dessus, tandis que son regard errait sur les rayonnages poussiéreux. Que faire ? Elle n’était toujours pas rassurée, quoi que le fait qu’il se soit présenté et se montre amical envers elle témoigne de – l’apparente – bonne volonté de l’esclave. Et puis… elle s’était sentie si seule durant tout ce temps ! Cela aurait été stupide que de se montrer froide envers quelqu’un lui venant du même monde qu’elle.
Poussant un léger soupir, elle se retourna vers le dénommé Rosario, scrutant son visage encore quelques secondes de son regard azur avant d’incliner doucement la tête dans un geste poli :

- Perlaë. J’aurais voulu dire « enchantée », mais cela me désole de vous rencontrer dans un tel endroit. Je suppose que vous partagez ma condition, non ?

Etant donné que les démons semblaient être maîtres de la ville, et que les humains étaient chose rare, du moins au palais, elle en était venue à en déduire que, comme elle, ceux-ci avaient été réduits en esclavage par les créatures maléfiques peuplant le monde qu’elle avait désormais rejoint. Et elle ne pouvait que compatir à l’égard de ce malheureux jeune homme.
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MessageSujet: Re: S'échapper des loups [ Réservé à Perlaë]   Jeu 21 Fév - 0:23

La jeune femme en face de lui n'avait pas l'air du tout rassuré par sa présence. Oh, il ne l'en blamais pas le moins du monde. Il la comprenait même. Lui aussi, s'il avait été à sa place, se serait montré quelque peu réticent face à un inconnu qui avait beaucoup plus de chance d'être un être démoniaque qu'un être humain. Rosario n'était jamais en sécurité face aux être maîtres de cet univers infernal, mais il savait se tenir tranquille et ainsi, ne pas s'attirer la foudre de ses "supérieurs". La jeune demoiselle esquissa une première ébauche de sourire ce qui rassura quelque peu Rosario: elle n'était pas totalement effrayé par lui. Pourtant, le jeune esclave pouvait lire dans les yeux azurs de l'humaine en face de lui qu'elle le jaugeait, qu'elle l'observait attentivement pour essayer de deviner ses pensées, ses intentions, dans le but, très certain, de se protéger elle-même. Puis qu'elle se permet de le faire, il ne voyait pas pourquoi il ne le ferait pas non plus.

De manière générale, la jeune femme, sûrement plus âgé que lui de quelques années, était très belle. De belles boucles brunes qui lui descendaient jusqu'au milieu du dos, des yeux azurs reflétant sa personalité, un corps sculpté telle les déesses de l'antiquité, bref, une beauté pure et très simple. Mais si Rosario regardait bien au fond de ces deux pans de ciel d'été, il pouvait voir la peur, la tenacité, l'espoir qu'aspirait Perlaë. Tout comme lui, il le croyait, elle voulait, un jour, se sortir de cet enfer. Lui... aussi, mais pour faire quoi? Retourner sur Terre? Ou plus personne ne l'attendait? C'était ce qu'il s'était dit, après cette simple et dure année en Esod. Sa maîtresse l'avait sûrement fait passer pour mort, sinon, depuis le temps, sa famille avaient cru qu'il l'était. Rosario poussa un léger soupir. Peut-être était-il destiner à vivre le restant de savie ici, en Esod.

- Rosario…

L'adolescent reporta son attention sur son interlocutrice, croyant qu'elle allait enfin parler. Elle le fit, mais seulement après avoir poser le chandelier sur la table voisine, esquisser un deuxième sourire un peu plus franc et regarder encore le jeune humain quelques instant. Il patienta, ne voulant surtout pas la brusquer. S'il la voulait comme allié et peut-être comme seule amie dans cette ville de damnés, il fallait lui laisser du temps.

- Perlaë. J’aurais voulu dire « enchantée », mais cela me désole de vous rencontrer dans un tel endroit. Je suppose que vous partagez ma condition, non ?

Perlaë. Quel joli prénom! Il lui fit penser à un oiseau, pour quelle raison, il n'aurait su le dire vraiment. Il sourit à son tour, en coin, et lui répondit d'une façon courtoise et douce, comme à son habitude.

- Oui en effet, je suis esclave pour Dame Azazel. Si je ne m'abuse, vous êtes celle de Sir Zarahod, non? Ne vous fâcher pas, je suis avec la Dame la plus influente de cette ville, même si je ne le voudrais pas toujours, je sais bien des choses... j'ai de grandes oreilles.

Rosario esquissa un sourire timide. Il avait en effet entendu dire que sir Zarahod se cherchait une esclave et que tout dernièrement, il s'en était trouver une qu'il trouvait... divertissante. En regardant Perlaë, il fut désoler de savoir que c'était lui, son maître. Et ce satané serpent qui le suivait partout... Rosario ne l'aimait pas du tout. Il se doutait bien que la jeune femme ne lui rendait pas la tâche facile, mais il savait aussi, que par sa beauté et son charme, elle ferait l'objet de beaucoup, beaucoup de convoitise.
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MessageSujet: Re: S'échapper des loups [ Réservé à Perlaë]   Jeu 21 Fév - 2:18

- Oui en effet, je suis esclave pour Dame Azazel. Si je ne m'abuse, vous êtes celle de Sir Zarahod, non? Ne vous fâcher pas, je suis avec la Dame la plus influente de cette ville, même si je ne le voudrais pas toujours, je sais bien des choses... j'ai de grandes oreilles.

Une sorte de grondement s’échappa instinctivement de la bouche délicate de la jeune femme à ces paroles, sans qu’elle ne puisse vraiment le contrôler. Oh, sa colère n’était bien évidement pas dirigée contre son semblable, mais plutôt contre la vérité qu’il venait d’énoncer. Vérité qu’elle refusait d’accepter. Encore nouvelle en ces lieux de dépravation et de vices, elle ne parvenait à se faire à sa condition. Si pure… et pourtant si fière, orgueilleuse même. Et son ego ne supportait pas de s’entendre dire inférieure à un être humain – même si son prétendu maître était un démon – simplement parce que quelqu’un en avait décidé ainsi. Zarahod en avait d’ailleurs fait les frais. L’esclave aux boucles brunes n’avait toujours pas cédé. Jamais elle ne cèderait, jamais ! Il croyait l’avoir à l’usure, que, au fil du temps, de ses rencontres, elle se rendrait compte de ses erreurs, et qu’elle reviendrait se mettre à genoux devant lui, le suppliant de bien vouloir la reprendre ? Hors de question !

Serrant violement les poings, Perlaë sentit soudainement un goût métallique dans sa bouche, et elle se rendit compte, surprise, que, dans sa rage, elle s’était mordu la lèvre jusqu’au sang. Détournant son regard bleuté de Rosario, elle tourna légèrement la tête, regardant à travers l’immense baie vitrée qui se tenait derrière elle. Observant la ville sans la voir, les yeux embués de larmes. Larmes de rage et d’impuissance. Frustrée de se montrer si vulnérable devant un inconnu, la belle esclave cligna plusieurs fois des yeux, déglutissant péniblement, tentant de se débarrasser des gouttes de cristal liquide qui menaçaient à tout moment de rouler sur ses joues rosées. Quiconque l’aurait vue en cet instant se serait aussitôt demandé ce qu’une créature telle qu’elle faisait dans un pareil monde. Si fragile, si innocente. Si démunie… Elle n’avait tout simplement pas sa place dans un tel endroit.
Et son désarroi et ses bonnes convictions chrétiennes semblaient amuser follement le démon aux yeux pourpres qui avait jeté son dévolu sur elle. Pauvre biche effarouchée.

- Je ne suis pas une esclave. Captive, peut-être, mais esclave, jamais. Ce serpent – elle trouvait ce qualificatif tout à fait approprié au démon - fait erreur en pensant que je finirais par lui obéir un jour.

Le ton qu’elle venait d’employer contrasta vivement avec son allure. Acerbe, haineux presque, alors qu’elle semblait si douce, si pure. L’atmosphère doucereuse d’Esod gagnait chaque jour un peu plus de terrain sur la jeune femme, qui se débattait pourtant de toutes ses maigres forces. Vainement.

Se retournant subitement vers Rosario, dans un geste vif qui fit virevolter ses boucles brunes, elle posa ses yeux d’océan sur ce dernier, yeux qui, en ce moment même, brillaient d’une lueur déterminée :

- J’ignore ce que vous pensez de tout ceci, de votre maîtresse, de ces démons, de cette ville. Mais vous pouvez être sûr que Zarahod ne me retiendra pas plus longtemps ici.

S’enfuir ? Evidemment qu’elle y avait pensé. Et si, depuis plusieurs jours, elle arpentait le palais de long en large, c’était tout simplement pour se familiariser avec, s’y retrouver, et trouver le chemin le plus court et le plus discret pour en sortir. Inutile de préciser qu’une tentative de fuite se voyant abrégée par le fait de se retrouvée perdue dans les dédales de couloir aurait été ridicule.
Elle voyait déjà Zarahod rire à gorge déployée.
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MessageSujet: Re: S'échapper des loups [ Réservé à Perlaë]   Jeu 21 Fév - 3:29

Dès qu'il eut finit sa phrase, Rosario remarqua tout de suite un changement dans le comportement de la belle perle qu'il avait devant lui. Quand on voit Perlaë, on se dit qu'elle est charmante, innocente, fragile... mais ce qu'il voyait était tout à fait le contraire. Elle semblait animé par une sourde colère, un désir immense de tout fracasser sur son passage. Pour un peu, Rosario en aurait eu peur. Elle semblait ruminer de noires pensées à l'encontre de son maître, ce démon manipulateur, ce serpent hideux. Elle y pensait tellement fort, avec tellement de conviction qu'elle se mordit la lèvre au sang. Un mince filet coula le long de son menton immaculé et le jeune esclave sortit un mouchoir de sa poche de veste. Mais avant qu'il n'aie pu le tendre à la belle demoiselle, celle-ci se retourna, en proie à de vives émotions. L'adolescent voyait bien qu'elle se retenait de pleurer, il n'était pas aussi dupe. C'est alors qu'elle prit la parole, d'une voix sourde, déformé par la haine et la colère qu'elle ressentait.

- Je ne suis pas une esclave. Captive, peut-être, mais esclave, jamais. Ce serpent fait erreur en pensant que je finirais par lui obéir un jour.

Rosario ne pouvait que la laisser parler. Il la comprenait, encore une fois. Il avait pensé la même chose durant les premier temps de sa captivation, de son esclavage, de son entré ici, dans Esod. Pendant quelques jours, sûrement les pires de sa vie, il s'était débattu pour ne pas laisser Azazel mettre ses mains empoisonnées, ses belles paroles, s'abattre sur lui. Il s'était jurer de toujours rester un être humain libre, sans maître. Il s'était promis de se souvenir de sa vie d'avant, sa vie sur Terre, pour avoir une appartenance à quelque chose. Mais tout ça, malgré sa volonté, n'ont pas réussis à le protéger contre Azazel et les démons d'Esod.

- J’ignore ce que vous pensez de tout ceci, de votre maîtresse, de ces démons, de cette ville. Mais vous pouvez être sûr que Zarahod ne me retiendra pas plus longtemps ici.

Rosario décida de s'approcher doucement de Perlaë pour ne pas qu'elle s'enfuie à toute jambes. Il la prit par les épaules, la retourna doucement et lui tendit le mouchoir qu'il avait sortit pour elle.

- Tenez miss. Vous voulez savoir ce que je penses? Qu'il y a toujours de l'espoir. Pour faire de l'obscurité, il faut nécessairement de la lumière. Je suis sûr que... Zarahod ne pourra pas faire flanchir votre volonté de résister. Je n'ai pas été assez fort ou peut-être aie-je eu un peu plus de chance dans ma malchance. Dame Azazel est influente, cela est vrai, mais elle ne m'a jamais maltraité et cela aurait été beaucoup plus dangereux de ne pas lui obéir. Au moins, je me garantis une certaine survie. Séchez vos larmes, maintenant, ainsi que votre lèvre. Je n'aime pas vous voir ainsi.

Rosario la gratifia d'un sourire, beaucoup plus franc et prononcé que les autres. Il espérait, grâce à ses paroles et à ses manières courtoises et amicales, que Perlaë lui ferait quelque peu confiance.
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MessageSujet: Re: S'échapper des loups [ Réservé à Perlaë]   Jeu 21 Fév - 22:36

Un sursaut agita le corps de l’esclave lorsque Rosario posa ses mains sur ses épaules, la tournant doucement vers lui. Complètement crispée, elle retint son souffle, attendant de voir ce qu’il allait faire.
C'est-à-dire rien. Mis à part lui tendre un mouchoir blanc, dont elle se saisit avec un geste méfiant, avant de le plaquer sur sa lèvre inférieure, en profitant pour essuyer la traînée écarlate qui luisait sur son menton. Tout en écoutant les paroles du jeune homme avec attention, ses yeux d’océan rivés sur ce dernier.

- Vous voulez savoir ce que je pense? Qu'il y a toujours de l'espoir. Pour faire de l'obscurité, il faut nécessairement de la lumière. Je suis sûr que... Zarahod ne pourra pas faire flancher votre volonté de résister.

Evidement qu’il ne le pourra pas. Elle n’avait pas l’intention de le laisser faire. Un bref sourire étira légèrement la bouche de la jeune femme, qui inclina légèrement la tête, ne quittant pas son interlocuteur du regard.

- Je n'ai pas été assez fort ou peut-être aie-je eu un peu plus de chance dans ma malchance. Dame Azazel est influente, cela est vrai, mais elle ne m'a jamais maltraité et cela aurait été beaucoup plus dangereux de ne pas lui obéir. Au moins, je me garantis une certaine survie.

Là par contre, elle ne savait comment réagir. Bien sûr, le raisonnement de Rosario était tout à fait logique, et surtout compréhensible. Elle ne pouvait blâmer le fait qu’il cherche à épargner sa vie, et se garantir sa sécurité en ne s’attirant pas les foudres de sa maîtresse. C’était d’ailleurs ce que la plupart des rares esclaves qu’elle avait pu observer semblaient avoir adopté comme mode de vie : la soumission pour la paix et la tranquillité.
Pas elle.

- Séchez vos larmes, maintenant, ainsi que votre lèvre. Je n'aime pas vous voir ainsi.

Un nouveau sourire étira ses lèvres rosées, en réponse à celui qu’affichait le jeune homme. Cette fois-ci, elle en était sûre, il ne lui voulait aucun mal, et était franc avec elle. Ce qui mit un peu de baume dans le cœur meurtri de Perlaë. Peut-être avait-elle enfin trouvé une compagnie digne de ce nom dans ce monde de damnés. Car si elle avait la ferme intention de ne pas céder à la tentation des plaisirs promis par Esod, surmonter cette épreuve seule aurait été une tâche difficile. Oh, elle y serait arrivée, sûrement. Mais en ce moment même, la jeune femme était heureuse d’avoir quelqu’un à qui parler.

Doucement, elle essuya les quelques larmes qui s’éternisaient encore sur ses joues, avant de retendre le mouchoir à son propriétaire :

- Merci. Veuillez excuser mon comportement, j’ai du paraître ridicule. Souffla-t-elle avec un pauvre sourire.

Pauvre petit moineau perdu, isolé, lorgné de toutes parts par les yeux félins des démons qui rôdaient aux alentours. Comment lui reprocher ce moment d’égarement ? Pourtant, la belle esclave aux boucles brunes s’en voulait d’avoir été, une fois de plus, incapable de maîtriser ses émotions. Elle qui tentait de rester impassible… n’importe quel inconnu pouvait lire sur son visage comme dans un livre ouvert. Fermant ses yeux bleus durant quelques instants, elle demeura muette, son front posé dans le creux de sa main, le coude appuyé contre le rebord de l’immense fenêtre qui se tenait devant elle. Les lueurs de la ville projetaient une lueur rougeoyante, démoniaque, qui se propageait jusqu’au palais, éclairant celui-ci d’une infinité d’éclats sanguins. Lumière, qui, pendant ce bref moment de réflexion, illumina également le visage fin et pâle de l’esclave. Finalement, celle-ci se redressa, et, lentement, tourna la tête vers Rosario :

- Je vous remercie de votre gentillesse. Je suis heureuse d’avoir enfin rencontré quelqu’un d’aimable et censé dans ce monde de fous.

Sa voix, douce et posée, résonna quelque peu dans la bibliothèque déserte, pendant qu’elle marquait une pose, scrutant le visage de son compagnon d’un air indéchiffrable. Puis, finalement, elle lâcha d’une petite voix triste, un faible sourire sur les deux pétales de roses que formaient ses lèvres :

- J’espère que votre maîtresse se montrera juste à votre égard, j’aimerais vous recroiser en aussi bon état que ce soir…
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MessageSujet: Re: S'échapper des loups [ Réservé à Perlaë]   Ven 22 Fév - 3:47

Rosario fut heureux de voir que la belle esclave acceptait son mouchoir et reprenait un peu de couleur. Même s'il ne la connaissait pas beaucoup, il n'aimait déjà pas la voir dans un état comme celui-ci. Le jeune adolescent avait toujours été très sensible et s'attachait donc très vite aux personnes qu'il rencontrait, même si il ne leur parlait que pendant quelques minutes. Puisque Perlaë était la seule autre personne dans la même condition que lui qu'il avait rencontrer, Rosario sut d'or et déjà qu'ils allaient, Perlaë et lui, devenir assez proche.

- Merci. Veuillez excuser mon comportement, j’ai du paraître ridicule.

Rosario secoua la tête de gauche à droite pour lui faire comprendre que ce n'était pas du tout le cas. Un sentiment de compassion et d'aide se manifestait automatiquement chez lui quand il voyait quelqu'un dans un état comme l'avait été Perlaë. Il se doutait bien qu'il avait été pareil de son temps sur la Terre.

- Je vous remercie de votre gentillesse. Je suis heureuse d’avoir enfin rencontré quelqu’un d’aimable et censé dans ce monde de fous.

- Je vous en prie, Perlaë, ce n'était rien. Et je suis aussi heureux que vous d'avoir croisé votre chemin, répondit dans un petit sourire Rosario.

En fait, cette nouvelle rencontre avec la jeune femme lui avait fait beaucoup de bien. Maintenant, il savait qu'il n'était plus seul et qu'il avait au moins une amie dans ce monde rempli de vice et de sang. Sa seule crainte était que leur maître respectif n'apprenne cette liaison amicale et ne les punisse sévèrement. On ne sait jamais dans ce monde... Mais cette dernière le regardait maintenant avec un petit air triste et désoler. Voulait-elle lui dire quelque chose de grave, d'important?

- J’espère que votre maîtresse se montrera juste à votre égard, j’aimerais vous recroiser en aussi bon état que ce soir…

Peut-être avait-elle pensé la même que lui, à l'instant? Il soupira et esquissa un petit sourire trsite, lui aussi et lui répondit:

- Je l'espère aussi Perlaë. Mais je crains plus pour vous que pour moi. Sir Zarahod n'est pas reconnu pour sa bonté envers ses esclave, surtout s'ils se montrent aussi récaltricent que vous. Je ne dis pas qu'il va user de violence, j'en doute même vu votre beauté, mais sait-on jamais avec ce genre de gens...
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MessageSujet: Re: S'échapper des loups [ Réservé à Perlaë]   Ven 22 Fév - 20:45

- Je l'espère aussi Perlaë. Mais je crains plus pour vous que pour moi.

Que voulait-il dire par là ? Un frisson parcouru l’échine de Perlaë, soudainement saisie d’un mauvais pressentiment. Pourtant… même si Zarahod n’était pas vraiment d’une compagnie idéale, il ne semblait guère violent.
Et d’un autre côté, ses paroles acerbes et mordantes, toujours d’une justesse et d’une exactitude terrifiantes témoignaient d’une intelligence redoutable. Le démon semblait être passé maître dans l’art de la rhétorique, et elle en était presque venue à redouter plus ses mots que ses coups, même si il ne l’avait encore jamais frappée. Ce dernier semblait simplement… attendre quelque chose. Mais quoi ? Jamais elle ne cèderait.

- Sir Zarahod n'est pas reconnu pour sa bonté envers ses esclaves, surtout s'ils se montrent aussi récalcitrants que vous. Je ne dis pas qu'il va user de violence, j'en doute même vu votre beauté, mais sait-on jamais avec ce genre de gens...

Saisie par le compliment, la jeune femme sentit ses joues pâles s’empourprer subitement. Détournant légèrement la tête, elle murmura quelque remerciement, plus gênée que flattée. Son éducation, stricte et sévère, lui avait jadis appris à rester humble et modeste, et les flatteries n’avaient guère lieu dans son ancienne demeure. Et si le regard admiratif ou désireux des hommes sur elle lorsqu’elle croisait leurs chemins lui avaient maintes prouvé qu’elle était effectivement belle, ceux-ci la mettaient plus mal à l’aise qu’autre chose.
Essayant de reprendre contenance, l’esclave secoua ses boucles brunes avant de passer nerveusement sa main sur la simple robe blanche qu’elle portait, essuyant une tache inexistante. Finalement, lorsqu’elle sentit la rougeur et la chaleur de son visage diminuer, elle releva la tête, affichant un timide sourire à l’égard de Rosario. Cependant, une lueur déterminée luisait dans ses yeux d’océan :

- Ne vous inquiétez pas pour moi, il ne m’arrivera rien.

Pour sûr, surtout qu’elle avait l’intention de fuir. Dès ce soir. Elle ne remettrait plus jamais les pieds ici, plus jamais. Après tout, elle était bien arrivée ici d’une quelconque manière, non ? Et si il y avait une entrée… il y avait forcément une sortie. Et la belle esclave était déterminée à quitter cette ville maudite. Elle n’avait simplement pas le droit à l’erreur. Si Zarahod l’avait laissée libre de s’en aller, elle doutait du fait qu’il soit ravi en apprenant qu’elle se soit tout bonnement échappée, étant persuadé qu’elle finirait par lui revenir, tôt ou tard. A nouveau, la jeune femme frémit. Non, il n’apprécierait pas…

- Et au pire… je ne crains ni les coups, ni la torture. Ajouta-t-elle en souriant de plus belle.

Courageuse ? Téméraire du moins. Peut-être même folle. Mais trêve de bavardages. Elle avait à faire.

- Je me répète, mais j’ai été ravie de vous rencontrer Rosario. Adieu.

Doucement, elle lui tendit sa main blanche, un air subitement triste sur son beau visage. Car elle était certaine de ne plus le revoir. Car si son escapade réussissait – et elle allait réussir -, elle ne reverrait jamais le jeune garçon. Ce qui, au fond d’elle-même, la désolait. Elle était navrée de devoir le laisser ici, seul à la merci de tous ces monstres. Mais elle ne pouvait l’emmener avec elle. C’eût été trop risqué, trop dangereux, et ils auraient deux fois plus de chances de se faire prendre. Et Perlaë ne voulait en aucun cas être responsable des malheurs de ce derniers, malheurs qui seraient inévitables si ils venaient à se faire attraper.
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MessageSujet: Re: S'échapper des loups [ Réservé à Perlaë]   Ven 22 Fév - 21:08

Rosario vit la belle jeune femme rougir de gêne face à son compliment anodin. Oui, elle était belle, il le lui avait dit tout naturellement et non dans le but de la flatter. Il la trouva néanmoins adorable dans sa manière de cacher son malaise. Quand elle se retourna vers lui, le rouge ayant disparu de ses joues blanches et une nouvelle lueur de détermination brillait au fon de ses yeux couleur du ciel :

- Ne vous inquiétez pas pour moi, il ne m’arrivera rien.

Rosario l'espèrait de tout son coeur. Il venait de rencontrer quelqu'un qui vivait le même cauchemar que lui, quelqu'un avec qui parler, partager ce qu'il ressentait, ce qu'il aimait ou non et il ne voulait surtout pas qu'il lui arrive malheur. On aurait pu dire, par ses pensées, que le jeune esclave se prenait pour le frère de Perlaë. C'était presque le cas. Un oiseau aussi beau et fragil qu'elle ne devait pas perdre ses ailes qui lui permettaien de voler librement. Lui, on les lui avaient arrachés il y avait de cela une éternité.

- Et au pire… je ne crains ni les coups, ni la torture. Ajouta-t-elle en souriant de plus belle.

Elle ne craignait pas la torture? Lui non plus, mais s'arrangeait tout de même pour ne pas en subir. Il aurait fermer sa bouche, faire taire ses cris et fermer ses yeux. Et il était certain qu'il aurait penser à cette petite rencontre fortuite tandis que sa maîresse lui faisait subir milles et un supplices.

- Je me répète, mais j’ai été ravie de vous rencontrer Rosario. Adieu.

Elle lui tendit la main, dans un dernier sign d'amis. Oh comme il aurait aimé la retenir, la serrer contre lui, lui dire que son escapade était déjà veine. Parce que oui, il le savait bien, Perlaë s'enfuyait. Elle voulait voler à nouveau, retrouver une vie rempli de soleil et de bonheur. Il aspirait à la même chose, mais avait un côté un peu plus réaliste, malheureusement peut-être. Rosario aurait été tanté de lui demander s'il pouvait l'accompagner, mais il savait déjà sa réponse. Perlaë était de ces personne qui ne voulait faire de mal à personne, qui se sacrifiait pour le bonheur des autres. L'adolescent, une lueur tellement trsite dans ses yeux ambré, prit la main tendu de l'oiseau blanc devant lui de se deux mains, l'enfermant un ultime instant.

- J'aurais voulu vous retenir, Perlaë... Adieu.

C'est tout ce qu'il trouva à dire. La gorge nouée par l'émotion qui le submergeait, Rosario se retourna, faisant dos à la belle esclave qu'il ne reverrait peut-être jamais.
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MessageSujet: Re: S'échapper des loups [ Réservé à Perlaë]   Ven 22 Fév - 21:38

Un tressaillement agita le corps de la jeune esclave quand Rosario emprisonna pendant quelques secondes sa main tremblante de ses deux mains chaudes. Secondes qui lui parurent des heures. Et il ne suffit que d’un regard vers le visage triste de ce dernier pour qu’elle comprenne qu’il savait. Comment ? Elle n’en avait aucune idée. Et cela l’effrayait. Etait-ce si visible que ça ? Si le jeune garçon avait su deviner ses intentions en si peu de temps… qu’en serait-il de la part des démons peuplant le palais ? Oh Dieu… Pour la première fois, elle doutait. Elle doutait de ses chances de survie, des chances d’aboutissement de cette folle entreprise. Arriverait-elle seulement à passer inaperçue parmi tous ces démons, pauvre petite humaine perdue dans la foule des damnés ?

- J'aurais voulu vous retenir, Perlaë... Adieu.

Une étrange boule vint soudainement se former au creux de la gorge de Perlaë, qui déglutit péniblement, horriblement mal à l’aise. L’émotion qu’elle pouvait percevoir au travers des paroles et des gestes de l’esclave la troublait. Comment lui dire, comment lui expliquer… ? Elle aurait aimé le rassurer, le réconforter, ou même simplement lui parler. Mais aucune parole ne parvint à franchir le seuil de ses lèvres rosées, elle qui pourtant passait la majeure partie de son temps à chanter.

Le regard subitement voilé de larmes, elle fit brusquement volte-face avant de quitter la bibliothèque en courant, furtive silhouette pâle dans l’obscurité, laissant derrière elle ce jeune homme dont la trop courte compagnie avait été comme un souffle de fraîcheur et de pureté sur son âme assaillie par les vices et l’horreur de ce nouveau monde qui s’offrait à elle.
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MessageSujet: Re: S'échapper des loups [ Réservé à Perlaë]   Ven 22 Fév - 21:50

Rosario entendit les pas précipité de la belle esclave partir de la bibliothèque, le lieu de leur ultime rencontre. L'adolescent retena des larmes qui voulaient exprimer mieux que des paroles sa tristesse. Mais pourquoi se sentait-il si malheureux? Il ne l'avait connue que quelques minutes, peut-être une heure tout au plus. Elle n'était pas supposé signifier quelque chose de plus qu'une simple connaissance, une esclave parmis tous les autres. Mais ce n'était pas le cas. Rosario s'était attaché à elle beaucoup trop vite. Il ne pouvait pas dire que c'était de l'amour ; on ne tombe pas amoureux aussi vite, mais il ressentait tout de même quelque chose pour Perlaë : une belle amitié qu'il n'avait pas eu le temps de savourer. Rosario se retourna vers la porte ouverte de la pièce du savoir, peut-être espérant la revoir revenir. Mais non, elle n'était plus là. Elle était partie sauver sa peau. Comment? Il aurait été bien curieux de le savoir.

- Adieu, bel oiseau..., murmura Rosario.

Après que l'émotion soit partie, l'esclave rangea les livres qu'ils avaient empruntés et éteignit le chandelier d'argent. Il était maintenant plongé dans l'obscurité la plus totale. Étrangement, il n'avait pas vraiment peur. Il revoyait, dans sa tête, l'image tremblotante de Perlaë qui souriait timidement. Il fit un bref sourire à son tour et souhaita, du plus profond de son coeur, qu'elle réussise à s'échapper de cet endroit. Peut-être la rejoindrait-il plus tard? Fatigué, Rosario sortie de la bibliothèque, lentement, portant le poids d'une amie disparue.


[ Topic Clos. ]
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S'échapper des loups [ Réservé à Perlaë]
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