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Version #01 :: Ambrelune, la Cité Souterraine


 

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 Ailes brisées [Terminé]

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Perlaë

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MessageSujet: Ailes brisées [Terminé]   Sam 9 Fév - 17:32

Un souffle de vent balaya soudainement les jardins, effleurant les branches des arbres qui se mirent à trembler, infime bruissement voilé par le murmure de l’eau limpide des fontaines. Poursuivant sa course, jouant avec les feuilles et les fleurs, effleurant l’herbe gorgée de rosée, la brise matinale vint se perdre dans les boucles brunes de la jeune humaine assise sur le rebord de marbre d’un des nombreux bassins qui faisaient la beauté de l’endroit. Fermant les yeux, cette dernière inclina légèrement la tête en arrière en soupirant doucement. Et un faible sourire vint illuminer le beau visage de l’esclave. Bien que le palais infernal et ses environs soient perpétuellement plongés dans une angoissante – du moins pour elle – obscurité, elle savait que si elle se trouvait sur Terre, le moment se rapprocherait de l’aube. Et, contre toute attente, elle avait trouvé les couloirs déserts ce matin-là. Les démons étaient tels qu’elle se les était imaginés : hautains, mauvais – cruels même -, dépravés… et paresseux. Et lorsqu’elle s’était réveillée, elle avait trouvé celui qui se prétendait être son « maître » encore endormi. La jeune femme s’était donc accordé un moment de solitude et de tranquillité dans seul endroit du palais où elle se sentait à peu près à l’aise – et c’était dire combien elle était nerveuse, angoissée, et tous les adjectifs pouvant qualifier un état de stress ou de crainte – depuis qu’elle était arrivée ici. Qui pouvait la blâmer d’avoir essayé de chercher, pour seulement quelques instants, un peu de paix ? Tout le monde, évidement. Ici, la moindre faute, le moindre pas de travers était considéré comme une raison de passer dans les salles de tortures… Ou pire encore. Bien sûr, si elle avait été une démone, une succube, ou encore même une Néphélim, tout aurait été différent.
Seulement, elle n’était qu’une simple humaine, une esclave.
Et en ce moment même, Perlaë se demandait si il ne serait pas préférable pour elle de mettre fin à ses jours.

Brutalement, le sourire qui, il y avait encore quelques secondes, étirait la commissure de ses lèvres rosées, disparut, laissant place à un air triste, las. Et les beaux yeux d’océan de la jeune femme se remplirent de larmes. Elle ne comprenait pas. Elle ne comprenait pas ! Que faisait-elle ici, qu’attendait-on d’elle ? Que lui voulait-on ?! Elle s’était éveillée, allongée sur un lit, n’ayant en tête plus que de vagues souvenirs de ce qui avait été sa vie d’autrefois. Et face à elle… cet ho… ce démon, pardon, qui la dévisageait d’un air indéchiffrable. Des réponses à ses questions ? De sa bouche, elle n’en avait guère eu. Evocations vagues, phrases sibyllines. Une nouvelle vie commençait. Une vie d’esclave, de servitude, de vices. Et ça, elle ne l’avait pas accepté. Et ne l’acceptait toujours pas. S’en était d’ailleurs suivi une discussion houleuse avec ledit démon, qui avait tenté de lui imposer sa loi. Peine perdue, du moins… pour le moment.
Et c’était bien ça qui faisait peur à la belle esclave. Le dénommé Zarahod avait très vite, trop vite, renoncé, et capitulé face à ses exigences, à savoir, la laisser tranquille. Et elle ne pouvait croire que ce dernier abandonnait aussi vite la partie. La riposte ennemie l’effrayait…

Clignant doucement des paupières, Perlaë déglutit péniblement, ravalant ses larmes. A quoi bon pleurer ? Cela ne changerait rien. Absolument rien…
Tout en tendant le bout de ses doigts pour tenter d’effleurer la tâche de lumière tremblotante qu’émettait une des nombreuses lucioles peuplant le jardin, la jeune femme entonna d’une voix douce et mélodieuse, quoi que triste et mélancolique, un chant qui résonna faiblement dans l’air frais du matin :

- I follow the night,
Can't stand the light,
When will I begin to live again ?


Reprenant son souffle, elle marqua une pause. Observant la nature autour d’elle, brusquement troublée. Elle était sûre d’avoir vu quelque chose bouger… Et pourtant, aucun bruit. Nerveusement, l’esclave plongea ses longs doigts délicats dans l’eau froide du bassin, troublant la surface lisse et transparente d’une infinité de cercles qui se répercutèrent dans l’onde.

- One day I'll fly away,
Leave all this to yesterday,
What more could your love do for me ?

When will love be through with me ?
Why live life from dream to dream,
And dread the day when dreaming ends… ?


Dernière édition par Perlaë le Mer 30 Avr - 15:13, édité 1 fois
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MessageSujet: Re: Ailes brisées [Terminé]   Sam 9 Fév - 20:56

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Perlaë

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MessageSujet: Re: Ailes brisées [Terminé]   Dim 10 Fév - 11:35

Tout à coup, un raclement de gorge, presque aussitôt suivi par d'indésirables applaudissements, vint troubler le chant de la jeune femme, crevant la bulle qu'elle s'était forgée, y déversant goutte à goutte le noir poison de la peur et de l'angoisse. Nul besoin d'avoir reçu don de divination pour deviner qui était la cause de cette soudaine agitation. Ou peut-être que si. Dans les deux cas, elle était presque certaine de l'identité de ce nouvel arrivant. Elle le sentait. Intuition, ou simple logique ? Rouvrant les paupières, découvrant ses yeux d'azur, qui étaient à présent emplis d'inquiètude, l'esclave poussa un soupir inaudible lorsqu'elle vit ses doutes confirmés. Il était bien là, présent, en chair et en os, tournant lentement autour d'elle, tel un félin guettant sa proie. Un désagréable frisson parcouru l'échine de Perlaë, qui se releva vivement d'un bond leste.
Non pas que la compagnie du démon l'effrayait... Enfin, à la réflexion, si. Mais l'idée de se retrouver assise au bord d'un bassin, dans l'incapacité de faire le moindre mouvement sans tomber à l'eau ou de tenter de fuir, face à une personne supérieure à elle au niveau de la taille et de la force lui terrorisait au plus au point.
Et Dieu sait combien elle était effrayée depuis qu'elle était arrivée ici.

Les joues de la jolie brune s'empourprèrent brutalement. Il chantait. Il l'imitait, reprenant exactement ses paroles, mais d'une voix beaucoup plus grave. Inconsciemment, elle serra les poings. Il avait évidement tout vu, et tout entendu. L'avait-il suivie ? Depuis combien de temps était-il là, à l'observer, tapis dans un coin ? Elle était pourtant sûre de l'avoir laissé endormi quand elle s'était eclipsée ce matin, délaissant l'ambiance oppressante du palais pour la fraîcheur des jardins. Avait-il feint le sommeil pour mieux la piéger ? Et surtout, surtout... Que lui voulait-il ? Qu'attendait-il d'elle ? Toutes ces questions se bousculaient dans l'esprit de l'humaine, sans qu'elle ne puisse trouver une réponse. Et ce ne fut que lorsque le démon termina son chant - du moins le pensait-elle -, plongeant ses yeux de braise dans les siens, qu'elle désserra les poings, se rendant soudainement compte de la douleur que lui causaient ses ongles s'enfonçant dans la paume de sa main. Il était très proche. Trop proche. Si près qu'elle pouvait presque sentir son souffle sur sa figure. Dans un réflexe salvateur, la jeune femme recula, mais ce fut le rebord glacé du bassin qu'heurtèrent ses genoux qui la ramena à la réalité. Aucune possibilité de fuite. Aucune.

Son coeur battait à tout rompre. Qu'allait-il faire ? A quoi jouait-il ? Obnubilée par sa crainte et son incompréhension, elle plongea bravement ses prunelles d'océan dans les flammes infernales du regard démoniaque, sondant celui-ci à la recherche d'une quelconque réponse. Innocence contre perversion, pureté contre vice. Et, bien que tremblante comme une feuille agitée par la brise, elle soutint celui-ci, même si l'intense noirceur de toute une vie de décadence qu'elle pouvait y voir la révulsait au plus au point.
Mais le sourire qu'esquissa alors Zarahod acheva de la mettre à bout. Détournant son beau visage, comme pour tenter de le dérober aux yeux du démon, Perlaë déglutit, se mordant violement la lèvre inférieure en sentant le souffle chaud de son interlocuteur caresser son oreille.

Et elle eut envie de pleurer. A nouveau, des étoiles transparentes vinrent voiler son regard et elle ferma les yeux, gardant résolument la tête tournée. Pitoyable ? Pathétique même. Mais hors de question de laisser ne serait-ce qu'une larme couler. Pas devant lui. Son honneur et sa fierté étaient tout ce qu'il lui restait à présent qu'elle était arrivée ici. Et ce n'était pas lui qui aller la faire flancher. Ni lui, ni personne d'autre. D'ailleurs, elle se demandait d'ailleurs pourquoi il l'avait choisit, elle. A quoi bon s'encombrer d'une esclave aussi farouche, tenant fermement à ses principes, accrochée à sa morale et sa pureté comme un naufragé à un bout de bois au milieu de l'océan déchaîné ? Il aurait mieux fait de la tuer. Plutôt ça que de vivre toute une existence de servitude. Et en ce moment même, d'ignobles toutes distillaient leur venin mortel dans l'esprit de la femme aux boucles brunes. Elle doutait de son rôle. Avoir une esclave pour faire le ménage ou la cuisine dans un tel lieu serait futile, il n'avait qu'à claquer des doigts pour avoir ce qu'il désirait servi sur un plateau d'argent. Alors... Pourquoi ?

- Qu'est-ce que vous attendez de moi...?

Un murmure, un souffle frêle, ténu, résonna dans l'air froid du parc. Osant enfin relever la tête, elle redressa quelques peu le menton, tentant de reprendre de l'assurance, de se donner un air quelque peu sûr. Mais toutes les émotions qui se lisaient dans ses yeux hurlaient le contraire. Pourtant, elle les plongea à nouveau dans les abîmes rougeoyantes de son dit "maître", attendant soit une réponse, soit un éclat de rire moqueur qui n'allait pas tarder à surgir...
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MessageSujet: Re: Ailes brisées [Terminé]   Dim 10 Fév - 16:46

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MessageSujet: Re: Ailes brisées [Terminé]   Dim 10 Fév - 20:40

Elle ne s’était même pas rendue compte qu’elle avait cessé de respirer. Mais, lorsque le démon s’écarta enfin, laissant un espace salvateur entre leurs deux personnes, et qu’une fraîche goulée d’air vint oxygéner ses poumons alors qu’elle inspirait profondément, la jeune femme sentit les larmes lui venir aux yeux, sous le choc. Haletante, elle fit un pas de côté, profitant de ce fait pour s’écarter de lui et du bassin. Et plongea à nouveau son regard dans les tréfonds flamboyants des prunelles diaboliques. Tant d’arrogance, tant de cynisme… Tout en lui respirait le mal et la perversité. Et cet air insupportablement calme et moqueur qu’il arborait ! Sans doute se pensait-il supérieur, et pas seulement à elle. Quels atouts, quelle personnalité pouvait cacher une telle attitude ? Elle était sûre que son interlocuteur n’était pas du genre à s’énerver pour peu. S’était-il d’ailleurs un jour énervé ? Rien ne semblait pouvoir briser la surface lisse et imperméable que formait son air hautain, qui ne renvoyait à celui qui le dévisageait qu’une impression de mépris teinté d’ironie. Oui… Qu’est-ce qu’un tel individu attendait d’elle ?

D’autant plus qu’il se moquait ouvertement d’elle. Cet air faussement pensif, ces mimiques mimant une intense réflexion… Elle était persuadée qu’il connaissait la réponse depuis longtemps. Sinon, pourquoi l’aurait-il… « Achetée »… ?
Achetée… Quel horrible mot. La belle esclave ne pouvait se résoudre à penser qu’elle était désormais reléguée au rang d’animal, de marchandise. Un simple objet, un simple jouet que l’on prend, et que l’on jette ensuite, lorsque l’on est lassé, lorsqu’il ne nous amuse plus. Un frisson de crainte la secoua. Avait-il l’intention de… s’amuser avec elle ? Jamais. Jamais jamais jamais ! Il était hors de question qu’il la touche, qu’il la regarde, ou qu’il lui adresse tout bonnement la parole. Elle n’était pas un objet !

Secouée de violents tremblements, elle luttait pour tenter de retenir, dissimuler sa peur. Peine perdue. Et tant bien même qu’elle ai pu réussir ce tour de force, l’éclat terrifié qui se lisait dans les deux saphirs luisant au milieu de son visage exprimait clairement ses sentiments. Elle était terrorisée. Enragée, et terrorisée.

- J’attends beaucoup de choses de toi…

Brutalement tirée de ses pensées, elle redressa la tête, sondant aussitôt l’air méprisant fixé sur le visage froid. Cherchant une explication qui vint par la suite des paroles de Zaharod. Venant troubler son discours, le vent revint souffler sur les jardins, soulevant les boucles soyeuses de la chevelure brune de l’esclave. Qui frissonna à nouveau, même si le spasme qui la secoua était plus dû aux paroles du démon qu’à la brise fraîche. Comment… Comment osait-il ? Pour l’une des premières fois de son insignifiante vie, elle sentit une vague de rage la submerger, l’envahir peu à peu. Les doigts délicats se crispèrent, inscrivant chacun une marque rougeoyante au creux de la paume de Perlaë, qui tentait de repousser toute cette tempête de sentiments qui se bousculaient en elle. Comment osait-il lui parler sur ce ton ? Lui donner un ordre, aussi simplement que ça, lui parler comme si il s’attendait à ce qu’elle acquiesce docilement, soumise, qu’elle lui mange dans la main comme l’animal pour lequel il semblait la prendre ?
Elle avait envie de hurler. De pleurer, de hurler, de crier. De manifester toute sa rage, sa colère, sa détresse, et que tous en soient témoins. Que quelqu’un vienne l’aider… ou l’achever. Tout, mais pas ça…

- Je ne suis pas un jouet… Siffla-t-elle tout bas, la tête légèrement penchée, tournée vers la gauche. Il voulait qu’elle arrête de le questionner, de palabrer ? Il voulait qu’elle chante ? Mais qu’il essaye donc. Jamais elle n’obéirait à ses ordres, ne satisferait ses désirs, jamais !
Oh, comme elle aurait voulu effacer, détruire ce sourire perfide, briser l’éclatante pureté de ces dents blanches ! Elle le connaissait à peine, mais déjà elle le haïssait. Comment éprouver de la sympathie envers un homme, un démon animé de telles intentions, de telles idées ? Tellement sûr de lui-même, tellement imbu de sa personne.
Cruel…

Et voilà. A peine était-elle arrivée ici, que déjà l’atmosphère vicieuse et démoniaque qui régnait sur l’endroit s’emparait d’elle, l’entourant lentement, mais sûrement, de ses tentacules noirs de haine et de perversité, la corrompant peu à peu pour mieux la faire sombrer dans l’abîme d’un monde qui n’était pas le sien.
Effarée par l’odieuse réalité des choses, la jolie brune recula d’un pas, secouant la tête, un air de détresse profonde rongeant ses traits délicats. Non, non… Il n’avait pas le droit, ils n’avaient pas le droit de lui faire ça ! Jamais elle ne plongerait dans de telles choses, dans un monde pareil !
Pauvre chose. Désespérée, perdue, elle se laissa tomber sur le bord en marbre du bassin, cachant les larmes qui roulaient à présent sur ses joues entre ses mains blanches. L’émotion, la peur, la haine avaient eu raison de cette pauvre âme malmenée par l’immonde réalité de la vie, et à présent elle luttait pour reprendre consistance, plus fâchée contre elle-même pour s’être laissée aller devant un tel individu qu’envers l’individu lui-même.

- Laissez-moi, partez ! S’écria la jeune femme, dont le visage était toujours dissimulé entre ses paumes. Même si elle ne pleurait pas à chaudes larmes, ni ne sanglotait, exprimer sa détresse en présence du démon lui était intolérable. Et même si elle savait pertinemment qu’il resterait là, à se délecter de sa peur et de son chagrin, elle ne pouvait supporter sa présence en un tel moment. Qu’il parte…
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MessageSujet: Re: Ailes brisées [Terminé]   Lun 11 Fév - 16:07

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MessageSujet: Re: Ailes brisées [Terminé]   Mer 13 Fév - 18:28

Un gémissement s'échappa des lèvres de la jeune femme, à demi étouffé par ses mains tremblantes plaquées sur son visage et les boucles brunes qui lui tombaient devant la figure, masquant ses traits momentanément déformés par les pleurs qui la secouaient aux yeux pourpres qui la fixaient assiduement. Elle avait tellement honte de s'être laissée aller face à lui, d'avoir cédé, craqué, laissé exploser ses émotions sans avoir été capable de les retenirs. Pour elle, c'était comme si elle venait de livrer une partie d'elle-même au démon, comme si elle l'avait, pendant cet instant de douleur et d'angoisse, laissé aperçevoir une part de son âme. Et elle était horrifiée et forcée de reconnaître que, peu à peu, il gagnait du terrain sur elle. La rongeant peu à peu, lentement, mais sûrement. Elle ne pourrait pas lui résister.
Et tout à coup, Perlaë eut envie de se jeter du haut des murs du palais.

Oh Dieu, comme elle le haïssait ! Pire encore que toutes ces brutes qui pouvaient rôder sur Terre ou en Enfer, il était sûr de lui même, et décidé à la dompter, à l'achever, à la seule différence qu'il n'utilisait pas sa force, mais son intelligence. Qui en ce moment-même se révélait être une arme d'une efficacité redoutable. La justesse, la précision de ses parole, la morsure de ses mots... Tout cela se frayait déjà un passage dans l'esprit de la belle esclave, qui, frappée par le rire franc et clair qui s'échappa de la bouche aux lèvres sanguines de l'être démoniaque, se releva précipitement, biche tremblante aux abois. Il riait. Evidemment qu'il riait ! Il riait continuellement, encore et encore. Toujours. Il se moquait d'elle, se délectant de son impuissance, savourant la vaine résistance qu'elle tentait de lui opposer de toutes ses maigres forces. Elle se demandait même si il ne l'avait pas... achetée pour le simple plaisir pervers de la voir se débattre entre ses serres griffues. Les rares autres esclaves qu'elle avait pu observer semblaient dociles et soumis à souhait, accourant au moindre signe de la main de leur maître. A quoi bon s'encombrer d'une jeune femme sauvage lorsqu'il n'avait qu'un mot à dire pour voir ses désirs réalisés par une poupée sage et obéissante ? Elle l'amusait. Et si... elle changeait subitement d'attitude ? Se comportant en une esclave emplie de zèle et d'inquiètude envers son maître, soucieuse de ses moindres besoin, de son plaisir ? L'abandonnerait-il alors ?

Emplie d'incertitude, Perlaë releva ses yeux bleus vers le démon, ne sachant que faire. Tout se bousculait en elle, violente tempête de sentiments et d'émotions. Sa raison, sa vertu lui hurlaient de ne pas faire une telle erreur, de ne pas céder à la tentation et à la perversité, dusse-t-elle renoncer à la liberté. Mais elle... elle la voulait, cette liberté ! Pouvoir ouvrir ses ailes et s'envoler, loin, très loin de tout ce cauchemar, de toute cette horreur. Mais Zarahod la relâcherait-il seulement après qu'elle se soit donnée à lui ? Ou la garderait-il enchaînée près de lui jusqu'à la fin de ses jours, telle un tableau, une statue, une perle que l'on expose et dont on vante la beauté auprès des autres, se repaissant de leurs regards jaloux et désireux ? Et pourrait-elle supporter l'idée de vivre, tout en sachant ce que cette liberté lui avait couté ? Exister, poursuivie par les remords, fantômes hurlant qui lui rappelleraient perpétuellement ce qu'elle aurait sacrifié pour survivre tant bien que mal dans la misère et la détresse ?

Mais les paroles de son dit "maître" répondirent à sa place. Incrédule, la jeune femme haussa ses délicats sourcils, écarquillant les yeux. Comment ? Avait-elle seulement bien entendu ? Il la laissait partir ? Sans rien faire, sans rien tenter, sans même rien dire ? Elle n'osait le croire.

- A quoi me sert d’enchaîner un oiseau alors que les barreaux de sa cage ne le laisseront pas s’échapper plus loin ?

Evidemment... Cela avait semblé trop beau pour être vrai. Il jouait, une fois de plus. Quelle prétention ! Son visage même respirait l'hypocrisie et la malveillance, la joie malsaine de se délécter de l'impuissance de la jeune esclave. Il pensait qu'elle reviendrait ?
Et bien il se trompait.
Amèrement.
Jamais elle ne retournait dans cet endroit, jamais.
Et surtout pas pour se jeter dans ses bras à lui.

Tremblante d'une rage qu'elle ne chercha même pas à dissimuler, Perlaë regarda donc son interlocuteur s'éloigner en chantonnant quelques paroles de l'air qu'elle avait entamé précédement, incapable de trouver quoi rétorquer. De toutes manières, à quoi bon, sinon se rendre ridicule ? Zarahod était sûr de lui-même, pensant la partie gagnée d'avance. Il ne l'écouterait que d'une oreille, avant de lui sourire d'un air moqueur, pour à nouveau lui tourner le dos. Mais il venait de faire une grossière erreur. Il venait de lui offrir la liberté, certain qu'elle se heurterait bientôt à pire que lui, et qu'elle reviendrait tôt ou tard, effondrée, le suppliant de la pardonner et de la reprendre.
Cependant l'oiseau avait la ferme intention de s'envoler à travers les barreaux de sa cage.

Lentement, elle se mit à reculer, ne lâchant pas de ses yeux d'océan la silhouette longiiligne du démon qui s'éloignait peu à peu dans les méandres du jardin. Et, brusquement, la belle esclave se figea net en sentant quelque chose de froid effleurer son pied gauche. Le coeur battant, elle baissa les yeux, tremblante... et poussa un hurlement de terreur en voyant l'énorme reptile jaune qui ondulait devant elle, s'enroulant lentement autour de sa cheville. Pétrifiée, la jeune femme n'osa faire un seul geste, incapable d'arracher son regard du corps du serpent qui continuait à grimper le long de sa jambe, secouée de violents tremblements, les yeux révulsées et les pupilles dilatées.
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MessageSujet: Re: Ailes brisées [Terminé]   Jeu 14 Fév - 0:54

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MessageSujet: Re: Ailes brisées [Terminé]   Jeu 14 Fév - 22:50

Elle croyait que son coeur allait exploser. Jamais elle n'avait, même lorsqu'elle était arrivée en Esod, ressenti une terreur aussi intense. Certes, la jeune femme, bien que dotée d'une farouche volontée, était assez impressionnable, compte tenu de son courage pourtant bien présent. Et si il y avait bien une chose qu'elle avait en horreur, c'était les serpents. Et l'énorme reptile jaune enroulé autour de sa jambe ne faisait pas exception à la règle, au contraire. Ne cherchant même pas à dissimuler les larmes qui embuaient ses beaux yeux bleus, elle retint son souffle, n'osant bouger, tout simplement incapable de faire le moindre mouvement, en proie à une veritable panique. Il fallait dire que lorsque l'on se retrouvait face à sa phobie... Même la plus courageuse des personnes serait sûrement en fâcheuse posture. L'on ne pouvait donc blâmer la jeune esclave aux boucles brunes qui menaçait de défaillir à tout moment.

- Ces pythons s’attachent terriblement vite !...

Evidement, c'était lui. Encore et toujours. Allait-il seulement la laisser en paix un jour ? Elle aurait pourtant juré de l'avoir vu partir tout à l'heure. Mais le cri qu'elle avait poussé en se rendant compte de ce la situation avait sûrement dû réveiller la moitié du palais. Il n'était donc pas étonnant que le démon soit revenu voir ce qui arrivait à sa protégée en l'entendant pousser un tel hurlement. Et, bien que très petit, voir même infime, un poids s'enleva de l'esprit de Perlaë. Même si elle était tout simplement ravie de voir le démon, celui-ci pourrait certainement la débarrasser de ce, cet... cette chose. Car vu comme il en parlait, l'énorme python jaune qui continuait de grimper autour de sa jambe gauche, gagnant peu à peu sa cuisse, ne lui était pas inconnu.
Et, soudainement, un sifflement aïgu, presque insupportable, résonna aux oreilles de la jolie brune. Immédiatement le reptile quitta sa peau pour se laisser tomber au sol, avant de ramper lentement sur le sol poussiéreux jusqu'aux pieds de celui qui devait certainement être son maître. Captivée, la jeune femme - qui n'avait toujours pas bougé - posa ses prunelles d'azur sur la silhouette fine et élancée du démon qui venait de se pencher pour ramasser son compagnon et le poser sur ses épaules, ne perdant pas une miette de leur discussion sifflante et incompréhensible. Jouait-il simplement un jeu afin de l'impressionner, ou comprenait-il réellement ce que l'animal semblait lui murmurer à l'oreille de sa langue fourchue ? Et si la deuxième solution se révélait être exacte, comment était-ce possible ? Une réelle complicité semblait lier les deux êtres, et Perlaë ne pu s'empêcher de relever des similitudes entres ces derniers, qu'elles fussent physiques ou mentales. Tous deux la fixaient à présent avec une assiduité et un calme qui firent froid dans le dos de la jeune femme, leurs prunelles rougeoyantes et fendues comme un exact reflet de celles de l'autre. Et, tout comme le reptile enroulé autour de ses épaules, cocasse écharpe faite d'écailles luisantes, Zarahod lui donnait cette impression de s'enrouler sournoisement autour d'elle, lentement, silencieusement, pour finir par l'étouffer entre ses anneaux de malsainité et de perversité.
Elle devait l'en empêcher, le repousser, et fuir, loin très loin, avant qu'il ne soit trop tard.
Elle ne devait, elle ne pouvait pas le laisser gagner.

Et ce fut donc avec une détermination plus forte que jamais que l'esclave soutint le regard de son dit maître, plongeant une fois de plus ses yeux d'océan dans l'abîme flamboyante des prunelles écarlates qui la fixaient avec convoîtise. Toute trace de l'effroi qui l'avait saisie quelques instants auparavant avait totalement disparu, ne laissant place qu'à un unique sentiment de mépris et de haine à l'égard de cet homme démoniaque qui se tenait face à elle. Il avait la prétention de l'avoir... acheté, de l'avoir en son pouvoir. Mais qu'il fasse donc. Qu'il prouve donc son statut de supériorité. Jamais il n'aurait le dessus sur elle. Jamais.
Cependant... Une question demeurait, hantant l'esprit de la belle. Arquant un de ses fins sourcils, elle croisa les bras, comme pour se protéger du regard pourpre du démon, avant de désigner le reptile posé sur ses épaules d'un geste du menton :

- Vous... communiquez réellement avec... cet animal ?

L'on pouvait sentir le sceptiscime présent dans la douce voix de la jeune femme. Elle doutait, c'était évident. Comment une telle chose pouvait être possible ? Et si c'était vrai... Pouvait-il ordonner sa volonté à la bête ? L'image d'un serpent jaune rampant lentement jusqu'à son lit au beau milieu de la nuit, avant de s'enrouler lentement autour de son cou, profitant de l'innocence de son sommeil, s'imposa soudainement dans son esprit. Et elle frémit, repoussant cette idée d'un geste de la tête. Ne pas y penser. Quelle horreur... Jamais il ne ferait une chose pareille, n'est-ce pas...? Il avait besoin d'elle, c'était une évidence, non ?
Et pourtant, le doute persistait dans les pensées de Perlaë, qui, soudainement effrayée, posa ses beaux yeux d'océan sur le python jaune qui continuait de lorgner sur elle, pointant de tant à autre sa langue fourchue dans un sifflement menaçant, subtile mise en garde. Oui, il fallai qu'elle quitte cet endroit.
Par tous les moyens...
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MessageSujet: Re: Ailes brisées [Terminé]   Jeu 28 Fév - 18:21

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Dernière édition par Zarahod le Ven 31 Juil - 17:54, édité 1 fois
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MessageSujet: Re: Ailes brisées [Terminé]   Sam 15 Mar - 21:00

[Je suis absolument désolée pour le retard, d’autant plus que ma réponse est très courte, terrible manque d’inspiration. Encore désolée…]

- En effet, nous nous comprenons. Mieux que quiconque.

A nouveau retentit la voix traînante à l’accent doucement moqueur du démon. Il semblait ennuyé, presque blasé par sa stupéfaction, son étonnement. Etait-ce de sa faute ? Tout ici était nouveau pour elle, de l’éternelle nuit qui régnait sur ces lieux infernaux aux coutumes barbares de ses habitants, de leur apparence étrange à leur mode de pensée violent et dépravé. Tout n’était que vice, luxure, plaisir. Et elle, pauvre oiseau dont l’éducation n’avait été que pureté et croyance se retrouvait désormais complètement déboussolée dans cet enfer délicieusement tentant, ce brasier rougeoyant empli de promesses attirantes auxquelles elle s’efforçait de résister. N’ayant jamais connu les délices de l’étreinte d’un homme, et encore moins ceux d’une femme, tous ces sourires enjôleurs, ces regards plein d’envie l’effrayaient au plus au point tout en faisant naître au plus profond d’elle-même une étrange sensation de… désir ? Car la jeune femme ne pouvait le nier, c’était une sensation terriblement exaltante que de se sentir désirée, admirée, enviée. Et même si ses principes de bonne morale l’empêchaient de voir la vérité, lui voilant la face comme un masque fait d’innocence et de pudeur… Elle cèderait, un jour ou l’autre. Tôt ou tard.

Un fin sourire vint étirer les lèvres de Perlaë, qui, de ses yeux couleur d’océan, fixa longuement Zarahod. Oui, il souhait jouer avec elle… Et il lui accordait la liberté. Ephémère, temporelle, certes. Mais elle était libre d’aller où elle voulait.
Et bien, que le meilleur gagne. Et la jeune esclave avait la ferme intention de piéger son maître, et de lui faire amèrement regretter ses paroles doucereuses. Oui, il se mordrait les doigts d’avoir été aussi bête, d’avoir laissé s’envoler son si bel oiseau. Car notre joli moineau avait la ferme intention de déployer ses ailes et de prendre son envol. Et, malin reflet des étranges pensées que nourrissait la jeune femme au boucles brunes, une étincelle de malice vint illuminer ses prunelles bleutés, juste le temps d’un instant.

- Après tout, quoi de plus normal… Souffla-t-elle d’une voix qui était l’exact reflet de celle du démon, qui a-t-il de mieux placé qu’un serpent pour en comprendre un autre ?

Et, sur ces aimables paroles, elle fit une révérence respectueuse à son « maître » qu’elle salua d’un gracieux mouvement de tête et gratifia d’un doux sourire, avant de tourner les talons, quittant le calme apaisant des jardins pour regagner l’agitation du palais, bien décidée à s’en échapper avant demain.
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