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Version #01 :: Ambrelune, la Cité Souterraine


 

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 Toujours aussi seul

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Rosario

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MessageSujet: Toujours aussi seul   Mar 1 Avr - 19:27

Rosario avait quitté le théâtre où il avait fait la rencontre de la délicieuse et suspicicieuse Zonastra. Il revoyait encore son corps mis en valeur durant toute leur conversation ainsi que les yeux ardent et menaçant de sa panthère. Cette brève rencontre avec la Succube lui avait laisser comme une plaie dans le coeur, un petit nuage noir dans la tête. Bref, un souvenir plus ou moins joyeux dans sa mémoire. Il avait presque peur de la jeune femme. Rosario se laissait guider par son envie de marcher au grand air, de se changer les idées. Ses pieds le transportèrent au cimetière, pour une deuxième fois. Nous étions dans la soirée et le soleil ne tarderait pas à se cacher complètement derrière l'écran noir de la nuit et ses allures plutôt inquiétiantes dans ce bas monde. Le jeune esclave se rappellait sa première venu en ce lieux. Il avait fait la rencontre plutôt inusité du démon Alvaro, un vrai fou sur l'avis du jeune homme. Il ne l'avait plus revu et c'était tant mieux.

Rosario s'avança sur les dalles de pierres du cimetière, entre les différentes tombe de ce lieu de repos éternel. Un sentiment vint lui étreindre le coeur. Il avait l'impression d'être un certain habitué de ses endroits lugubres et sombres. Comme si, sur Terre, il venait souvent au cimetière près de chez lui. Comme si quelqu'un qui lui tenait particulièrement à coeur l'avait abandonné, seul et triste, dans ce monde cruel pour les rêveurs et poètes. Rosario s'arrêta devant une pierre tombale surmonté d'une ange, les ailes pliées dans son dos, les mains jointes en une prière silencieuse. Il l'a regarda et une larme vint rouler sur sa joue blanche et pâlote. Il l'essuya, ne comprenant pas. Pourquoi pleurait-il quand aucun souvenir ne lui venait? Juste parce que son coeur ressentait quelque chose dont il ne se souvenait plus? Las d'essayer de comprendre ce genre de phénomen qui lui était devenu assez familier, Rosario s'assied sur une roche imposante, non loin. Il regarda un instant le ciel rouge sang, clarsemé de nuage gris et sombre et sortit son carnet d'une poche intérieure de sa veste noire. Il le suivait partout son carnet à l'allure banale. Lui et la montre de son père. Il l'ouvrit à la page où il avait écrit pour la dernière fois, pris une plume dans la même poche et commença à écrire :

Citation :
Troisième Plume
Je suis allé au théâtre aujourd'hui. Ce théâtre abandonné, seul dans un coin du quartier. J'y suis entré, plus par intuition que par réel envie et j'y ai découvert un autre pan de ma vie passé. Un pan que j'avais, bien entendu, oublié, égaré dans les méandres de ma mémoire si malmenée depuis mon arrivé ici, à Esod. Je me suis souvenue de ceci : je voulais faire du théâtre. Je voulais partager mes multiples émotions, mes multiples idées avec le public, le monde entier. Je voulais jouer la comédie, le drame, l'amour. Je voulais faire comprendre aux gens des choses. Je voulais... être un artiste. [...]

Rosario s'arrêta, perdue dans ses pensées. Il essayait de se souvenir de quelque chose d'autre, en rapport avec sa récente découverte, mais quand l'image du théâtre abandonné apparaissait devant ses yeux mordorés, celle de Zonastra et de sa panthère s'immiscait et il pensait immédiatement à quelque chose d'autre. Vint ensuite l'image de Perlaë, cet oiseau si farouche, si fragile, si beau. Cet oiseau qui, mu par son instinct de suvie, s'est envolé. A sa seule pensé, Rosario se sentait tout chose. Il décida de continuer d'écrire, pour laisser passer ses émotions interdites pour sa pauvre personne.

Citation :
[...] Mais je ne le serai jamais. Enfin, pas maintenant. Je ne suis qu'un petit esclave au service de quelqu'un de plus fort que moi. Beaucoup trop fort pour que je puisse tenté quelque chose comme l'a fait Perlaë. Peut-être un jour reverrai-je la Terre, ou du moins, serai-je envoyé au Paradis.
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MessageSujet: Re: Toujours aussi seul   Lun 7 Avr - 16:24

Le jour commençait à décliner paresseusement, et la nuit docilement venait chasser les dernières lueurs du jour qui faisaient encore scintiller les quelques éclats humides qui subsistaient sur les pierres tombales. Les tombes surgissaient de la terre, fendaient la brume blanchâtre et opaque qui tapissait le sol, telles des ombres malfaisantes, des spectres agonisants venus réclamer leur dernière vengeance silencieuse. Et pourtant, au sein de ce vaste cimetière rongé par le temps et les lamentations, l’on pouvait trouver la beauté sous le crépuscule du soir. Il suffisait de bien regarder. Pour qui sait écouter et sentir, le calme et la sérénité chassent toutes impressions sinistres.

L’humain aux longs cheveux scintillant dans les dernières lueurs du jour semblait l’avoir compris. Il se tenait seul, au milieu du cimetière silencieux, une larme brillante roulant sur sa joue rosie par la vie, et il écrivait quelque chose à la plume dans un petit carnet d’aspect banal. Alors qu’il chassait de sa main docile la larme qui venait trahir sa faiblesse d’homme, l’humain reprit son écriture, comme porté par une inspiration soudaine. La démone qui se tenait là depuis bien plus longtemps que lui continuait de l’observer en silence. Nemesis était cachée dans l’ombre, ses yeux aux prunelles d’onyx pailletées d’or encadrés par sa longue chevelure d’ébène, comme figée dans une attente éternelle et muette, son visage à la beauté si froide et si envoûtante à la fois, comme sculpté dans l’infini.

Elle avait quitté le palais infernal à la recherche de calme et de tranquillité, car elle avait passé sa journée à réfléchir dans sa somptueuse demeure, à quelques plans obscures et secrets qu’elle seule pouvait entreprendre. Peut être le ferait-elle avec quelques adeptes de ses idées ambitieuses et cruelles, ou peut être le ferait-elle seule. Peu importe, elle avait bien assez de force et de convictions pour mettre en marche ses projets, sans l’aide de quiconque. Mais pour l’heure, sa soif de pouvoir pouvait bien attendre quelques heures, quelques jours encore… Rien n’était encore vraiment prêt, et il fallait être sûre, certaine, de ce que chaque moindre petit détail pouvait provoquer dans la grande roue du destin qui allait bientôt se mettre en marche, contre le gré de bien des habitants de cette ville de perversion.

Nemesis ne lâchait pas l’humain du regard, et celui ci ne semblait pas se rendre compte qu’il était épié. Lui même devait être plongé dans ses propres pensées et souvenirs… Et quand bien même il ne l’aurait pas été, pour lui, simple petit esclave, jeune et à la beauté innocente, il serait impossible de pouvoir déceler la présence d’une démone aussi puissante. Nemesis avait l’art de se dissimuler aux autres. Il est inutile de chercher qui ne veut pas se laisser trouver… Souple et silencieuse, la démone bougea enfin, se déplaçant tel un félin aux aguets, gracieuse et royale. De l’ombre, elle passa à la lumière faiblissante et rougeoyante du crépuscule, pour venir s’assoire avec grâce sur l’une des pierres tombales qui faisaient face à l’humain, à quelques mètres de lui. Celui ci ne sembla pas la remarquer pour autant, et cela fit naître sur les lèvres pulpeuses de la belle un sourire en coin ironique et cruel à la fois. Puis, son visage de nouveau sans émotions, Nemesis prit la parole, d’une voix suave, douce et sensuelle :


« Il est inutile et douloureux que de ressasser les regrets du passé. »
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Rosario

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MessageSujet: Re: Toujours aussi seul   Mar 8 Avr - 23:19

Une voix. Une voix qu'il ne connaissait pas le tira de ses souvenirs, de ses pensées mélancoliques. Vivement, il leva la tête et referma son calepin dans le même temps. Personne n'avait vu ses écrits, pas même sa dangeureuse maîtresse, et cette inconnue n'allait pas déroger à sa propre règle. Il la regarda, intrigué. Rosario connaissait beaucoup de gens dans ce monde désolé, mais ce visage gracieux et frigide ne lui disait franchement rien. Comme une peinture que vous aimez, mais sans pouvoir l'expliquer. La démone en face de lui, parce qu'il ne pouvait s'agir que de l'un d'entre eux, dégageait une forte aura de puissance et de contrôle sur tout ce qui l'entourait. Même s'il n'était qu'un simple humain, esclave en plus, Rosario savait ressentir ce genre de chose.

Le jeune homme androgyne ne savait pas comment réagir. Le visage de la splendide démone était inexpressif, comme la plupart des démons haut placé, mais d'une beauté froide et hypnotisante. Plusieurs étaient sûrement à ses pieds. Se souvenant de son maigre statut, Rosario se leva et se courba, plus bas qu'à l'ordinaire. Il releva ensuite la tête et dit de sa voix poli et posée :

« Vous aurais-je importuné, madame? »

Être un esclave se résumait toujours aux même chose : politesses, excuses en tout genre, courbes de soumissions, tâches infectes. Rosario s'y était habitué depuis fort longtemps, mais il avait toujours une petite pensée pour sa liberté perdue, un an auparavant. Et maintenant, pour Perlaë, qui elle, avait eu le courage de courir pour la rattrapper. Le coeur du jeune esclave se serra à ce nom, mais n'en laissa rien paraître. Pourquoi avait-il toujours son visage imprimé dans sa tête, dans tout son être? Il fallait qu'il l'oubli... comme tout le reste de sa vie d'avant ici.

Rosario regarda un bref instant autour de lui. Au cimetière, tout était calme, sans bruit, mis à part les queques paroles qu'ils avaient échangés, la Démone et lui. La nuit tombait rapidement, recouvrant bientôt tout Esod de son manteau sombre et annonciateur de vices divers. Azazel ne l'avait pas fait quérir depuis un bon moment et il se demanda s'il ne devrait pas aller à sa rencontre... sa colère, il l'a redoutait.
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